Des ingrédients cosmétiques écotoxiques discrets mais bien présents :
Cet article a pour but de vous sensibiliser sur les ingrédients cosmétiques écotoxiques, la manière de les identifier et pouvoir les éviter pour protéger l’environnement. La pollution générée par les produits cosmétiques ne prend pas la forme visible des amas de déchets plastiques qui flotte à la surface des océans, au gré des courants marins et des vents. Cette pollution est bien plus discrète et s’infiltre dans les milieux naturels à travers nos gestes quotidiens. Chaque fois que nous prenons une douche, que nous nageons ou que nous appliquons un soin sur notre peau, des résidus de produits cosmétiques sont entraînés vers les eaux usées, dont une partie finit immanquablement par rejoindre les milieux aquatiques.
Concernant les ingrédients cosmétiques écotoxiques, il y a le cas très connu des filtres synthétiques présents dans les protections solaires. Mais ce ne sont malheureusement pas les seuls ingrédients concernés : gels douche, shampooings, laits corporels, déodorants ou sérums contiennent également des ingrédients tels que des conservateurs, des parfums de synthèse ou des tensioactifs.
Ces ingrédients écotoxiques, une fois rejetés dans le milieu naturel, peuvent se révéler nocifs pour les organismes aquatiques. Reconnus pour leurs fonctions très efficaces au sein des formules cosmétiques, et longtemps appréciés pour leurs promesses de beauté et de bien-être, de nombreux ingrédients dits « conventionnels » soulèvent depuis quelques années de réelles préoccupations environnementales, souvent appuyées par le résultat d’études scientifiques.
En effet, on le sait maintenant, de nombreux produits cosmétiques renferment des ingrédients potentiellement nocifs pour l’environnement, comme les huiles minérales, les silicones ou diverses substances chimiques de synthèse. Ces ingrédients, considérés comme sûrs pour le consommateur, peuvent contaminer les milieux aquatiques, perturber les écosystèmes et nuire à la faune et à la flore.
Chez SkeenFit, lors des matchings de produits, vous saurez si le produit cosmétiques qui vous fait envie, est bien adapté à votre profil. Mais vous aurez aussi l’information quand le matching aura détecté un ou plusieurs ingrédients cosmétiques considérés comme écotoxiques dans la formulation du produit.
Vous pourrez donc obtenir un excellent matching en ce qui vous concerne, mais avoir tout de même l’information que la composition cosmétique renferme un ou plusieurs ingrédients qui ont un effet toxique sur les organismes vivants de l’environnement, en particulier les écosystèmes aquatiques, après son rejet dans la nature.

Voici le top 5 des familles d’ingrédients les plus dangereux pour l’environnement, une fois diffusés dans le milieu naturel. Soit lors d’une simple baignade, soit lors du rejet des eaux usées, qui ne peuvent pas être totalement filtrées par les stations d’épuration.
Ces familles d’ingrédients écotoxiques sont parfaitement identifiés lors des matchings de produits cométiques réalisés avec l’application SkeenFit.
1/ Les filtres solaires synthétiques
Les filtres UV sont principalement utilisés dans les crèmes solaires et les produits cosmétiques contenant un SPF (les crèmes visage par exemple). Leur rôle est d’absorber les rayons ultraviolets afin de protéger la peau. Toutefois, lorsqu’ils sont d’origine synthétique, comme les benzophénones et l’octocrylène, ces filtres UV sont particulièrement préoccupants d’un point de vue environnemental. L’octinoxate (Ethylhexyl Methoxycinnamate) fait aussi partie de la liste majeure des filtres solaires fortement écotoxiques. En effet, peu ou pas biodégradables, tous ces filtres solaires synthétiques se dégradent très lentement dans l’environnement. Ils se retrouvent dans les milieux aquatiques lors de la baignade ou lors du rinçage (les eaux usées des douches de plage par exemple). Considérés comme des ingrédients cosmétiques écotoxiques, ces filtres solaires synthétiques ont des effets néfastes sur la vie marine, notamment en favorisant le blanchiment des coraux.
Et bien au-delà des récifs coralliens, des études ont montré que certains filtres UV synthétiques peuvent être toxiques pour les algues, les crustacés et les poissons, et peuvent même perturber la reproduction et le développement des organismes aquatiques,
2/ Les silicones, des ingrédients cosmétiques écotoxiques reconnus
Les silicones sont des ingrédients d’origine synthétique largement utilisés dans de nombreux produits cosmétiques tels que les shampooings, les soins capillaires, les crèmes hydratantes ou encore le maquillage. Leur fonction principale est de former un film protecteur à la surface de la peau et du cheveu, apportant en plus une sensation immédiate de douceur, de souplesse et de glisse. Ce qui rend l’application des produits contenant du silicone particulièrement agréable. Toutefois à l’inverse, ces ingrédients occlusifs forment un film imperméable qui peut asphyxier la peau et la fibre capillaire, tout en contribuant à une pollution durable des sols et des milieux aquatiques.
Dans les listes d’ingrédients (la liste INCI de composition d’un produit cosmétique), ces ingrédients synthétiques sont facilement reconnaissables grâce à leurs terminaisons caractéristiques -icone, -iconol ou -iloxane (cyclosiloxane par exemple).
Toutefois, ces bénéfices sensoriels s’accompagnent d’un impact environnemental préoccupant. Peu biodégradables, les silicones persistent dans l’environnement une fois rejetés via les eaux usées et peuvent s’avérer toxiques pour les organismes qui les ingèrent. Certains silicones sont par ailleurs suspectés d’agir comme perturbateurs endocriniens.
En résumé, leur impact environnemental se présente sous plusieurs formes :
- Une faible biodégradabilité : en effet, la majorité des silicones se dégrade très lentement, ce qui entraîne une pollution persistante des sols et des eaux.
- Une bioaccumulation : ce qui signifie que certains silicones peuvent s’accumuler dans les organismes vivants et les sédiments.
- Une toxicité pour la faune aquatique : effectivement, des effets nocifs ont été observés sur les organismes aquatiques exposés à des rejets d’ingrédients cosmétiques issus de cette famille.
- Une perturbation endocrinienne : certains silicones sont suspectés, parfois même reconnus, comme perturbateurs endocriniens.
3/ Les tensioactifs
Utilisés principalement dans les produits rincés, ces tensioactifs sont rapidement rejetés dans les eaux usées, contribuant ainsi à une pollution diffuse mais persistante des écosystèmes aquatiques.
Les plus concernés sont les tensioactifs sulfatés, comme le sodium lauryl sulfate (SLS) et le sodium laureth sulfate (SLES), largement utilisés pour leur fort pouvoir moussant dans les savons, les shampoings, les gels douche. Mais ces tensioactifs sont aussi susceptibles d’avoir un fort impact négatif sur les milieux aquatiques.
Dans la même famille des tensioactifs, il y a aussi les tensioactifs éthoxylés (obtenus par réaction avec l’oxyde d’éthylène), qui sont reconnaissables par les suffixes -eth ou -PEG.
Quelques exemples de cette catégorie des tensioactifs éthoxylés écotoxiques :
- Sodium Laureth Sulfate (SLES)
- Ammonium Laureth Sulfate
- Tous ceux commençant par Laureth-x (Laureth-4, Laureth-7, Laureth-23, etc.), Ceteareth-x, Steareth-x, Oleth-x, Ceteth-x, Myreth-x.
- PEG (Polyethylene Glycol) et le PPG (polypropylène glycol)
Ces ingrédients cosmétiques écotoxiques posent également un autre problème environnemental dès l’origine, en raison de leur mode de fabrication polluant (l’éthoxylation) et de la possible présence de résidus toxiques.
Toujours dans la catégorie des tensioactifs écotoxiques, il y a les ammoniums quaternaires, qui sont très utilisés pour leurs propriétés antistatiques, démêlantes et conservatrices, notamment dans les soins capillaires. Ces ammoniums quaternaires sont particulièrement nocifs pour la faune aquatique et se dégradent difficilement dans l’environnement.
On les identifie facilement dans la composition d’un produit cosmétique en recherchant les dénominations suivantes : cetrimonium Chloride, behentrimonium chloride, ou bien tout ce qui commence par quaternium-xx, ou polyquaternium-xx (ammoniums quaternaires polymérisés).
4/ L’EDTA
L’EDTA est un ingrédient d’origine synthétique largement utilisé dans les savons, gels douche et autres soins lavants. Il agit comme agent chélateur, c’est-à-dire qu’il capte les métaux lourds, le calcium et le calcaire présents dans l’eau, afin de préserver la stabilité, l’efficacité et l’apparence des produits cosmétiques. On le retrouve dans les listes d’ingrédients sous les appellations Disodium EDTA, Tetrasodium EDTA ou Trisodium EDTA…
Toutefois, malgré son efficacité reconnue, l’EDTA pose de sérieux problèmes environnementaux. Non biodégradable, il traverse les stations d’épuration sans être éliminé et se retrouve directement dans les rivières, les lacs puis les océans. En capturant les métaux lourds, il favorise également leur dispersion dans les milieux aquatiques, ce qui accentue son impact sur la biodiversité et contribue à une pollution durable des écosystèmes.
5/ Les huiles minérales
Les huiles minérales sont souvent associées, à tort, à une origine naturelle en raison de leur appellation. En réalité, il s’agit d’hydrocarbures issus du raffinage du pétrole, donc entièrement d’origine pétrochimique. Ces huiles font bien partie des ingrédients cosmétiques écotoxiques.
Les huiles minérales sont largement utilisées dans de nombreux produits cosmétiques tels que les baumes et rouges à lèvres, les crèmes pour le visage, les soins capillaires ou encore les produits pour bébés. Leur fonction principale est d’agir comme des corps gras occlusifs : elles restent à la surface de la peau et forment un film imperméable qui limite l’évaporation de l’eau, procurant une sensation d’hydratation immédiate.
Dans les listes d’ingrédients, ces huiles minérales sont reconnaissables sous des appellations telles que mineral oil, paraffinum liquidum, petrolatum, cera microcristallina ou microcrystalline wax.
Toutefois, leur impact environnemental est préoccupant, et il est réel. Dérivées du pétrole, les huiles minérales sont polluantes à toutes les étapes de leur cycle de vie, de l’extraction à l’élimination, contribuant à l’épuisement des ressources naturelles ainsi qu’à la contamination des sols et des eaux. Non biodégradables et produites à grande échelle pour des raisons économiques, les huiles minérales participent à une pollution durable des écosystèmes, tout en offrant une alternative à bas coût aux huiles végétales naturelles.
En effet, une fois rejetées dans la nature via le rinçage ou l’élimination des produits cosmétiques, les huiles minérales ne sont pas biodégradables ou alors très lentement.
De plus, les huiles minérales ne sont pas éliminées : elles persistent dans les sols et les milieux aquatiques, et peuvent même former un film à la surface de l’eau, perturbant les échanges d’oxygène.
Vous l’avez compris, les huiles minérales sont nocives pour les organismes aquatiques, s’accumulent dans les sédiments, et perturbent la chaîne alimentaire.
Conclusion concernant les ingrédients cosmétiques écotoxiques à éviter :
À travers ces cinq grandes familles d’ingrédients — filtres solaires synthétiques, silicones, tensioactifs, agents chélateurs comme l’EDTA et les huiles minérales — se dessine une réalité commune : de nombreux composants couramment utilisés en cosmétique, bien que jugés sûrs pour le consommateur, présentent un impact environnemental préoccupant, durable et bien réel une fois rejetés dans la nature.
Pas ou peu biodégradables, persistants ou toxiques pour les organismes aquatiques, ces ingrédients cosmétiques autorisés en Europe participent à une pollution diffuse mais durable des milieux aquatiques, souvent invisible au quotidien. Comprendre leur rôle, savoir les identifier sur les étiquettes et prendre conscience de leurs effets permet de faire des choix plus éclairés et d’encourager une cosmétique plus respectueuse des écosystèmes.
C’est aussi la mission que se donne l’application SkeenFit : vous permettre de vérifier si vos choix de produits cosmétiques sont en adéquation avec votre profil de consommateur. Mais aussi vous alerter sur le caractère écotoxique de certains ingrédients cosmétiques contenus dans les produits qui vous plaisent. De sorte que lors de vous puissiez réaliser un achat en phase avec vos convictions environnementales. Un achat qui a du sens, non seulement pour votre santé, mais aussi pour préserver la planète.